Introduction
Le syndrome de renutrition (SR) peut avoir des effets indésirables sur les patients, mais son impact sur le pronostic des patients victimes d’un AVC sévère reste flou. Cette étude vise à explorer l’impact du SR sur le pronostic à court terme des patients atteints d’un AVC sévère.
Méthodologie
Un total de 305 patients ont été inclus pour une analyse rétrospective. Les changements électrolytiques et le pronostic à court terme entre les groupes de patients avec SR et sans SR (NSR) ont été comparés. De plus, les facteurs de risque pour le pronostic des patients et l’efficacité prédictive du SR sur le pronostic des patients ont été analysés.
Résultats
Les nouvelles lésions hépatiques aiguës (LHA), les nouvelles lésions rénales aiguës (LRA), la ventilation mécanique (VM) nouvelle, la mortalité dans les 28 jours et les scores mRS à la sortie étaient plus élevés dans le groupe SR que dans le groupe NSR (p < 0,05). Le niveau de phosphore sérique dans le groupe SR a diminué après la nutrition entérale (NE) par rapport à avant la NE (p < 0,05). La surface sous la courbe ROC (AUC) du SR pour prédire un mauvais pronostic chez les patients victimes d'un AVC sévère était de 0,678, avec une sensibilité de 64,7 % et une spécificité de 61,4 %.
Conclusion
Le SR est un facteur de risque indépendant pour le pronostic fonctionnel des patients. Par conséquent, le personnel médical devrait dépister les populations à haut risque dès que possible et fournir un traitement préventif conformément aux directives.
Contexte et Importance de l’Étude
L’AVC est un problème de santé mondial majeur caractérisé par une mortalité et une invalidité élevées. Cette étude explore l’impact du syndrome de renutrition (SR) sur les résultats à court terme chez les patients victimes d’un AVC sévère. Les patients victimes d’un AVC présentent une incidence élevée de malnutrition en raison de déficiences fonctionnelles telles que la conscience, la cognition et la déglutition causées par une fonction neurologique altérée, ainsi que des dysfonctionnements neuroendocriniens et des troubles du stress gastro-intestinal. De plus, les patients atteints d’un AVC sévère sont dans un état de stress en raison de maladies cérébrovasculaires graves, de chirurgies et d’infections, ce qui entraîne une libération accrue de cytokines inflammatoires dans le corps, un métabolisme hormonal anormal et une dégradation accélérée des graisses et du glycogène.
Support Nutritionnel et Complications
Actuellement, le principal traitement de soutien nutritionnel pour les patients victimes d’un AVC sévère est la nutrition entérale (NE), qui peut non seulement améliorer l’état nutritionnel, mais aussi maintenir la stabilité de l’environnement interne et réduire la mortalité hospitalière chez les patients neurocritiques. Cependant, une série de complications peuvent survenir pendant le processus de thérapie de soutien nutritionnel, parmi lesquelles le SR a été découvert ces dernières années. La Société Américaine de Nutrition Parentérale et Entérale (ASPEN) a défini le SR comme une réduction de 10 % des niveaux sériques d’au moins un électrolyte (potassium, magnésium et/ou phosphate) dans les 5 jours suivant le début du soutien nutritionnel et/ou un dysfonctionnement organique causé par une réduction de ces électrolytes et/ou secondaire à une carence en thiamine.
Incidence et Facteurs de Risque
Cependant, en raison des manifestations cliniques diverses et du manque de spécificité du SR, il est difficile de le définir avec précision, ce qui entraîne des taux d’incidence variables rapportés dans les études précédentes. Des études ont montré que l’incidence du SR chez les patients en soins intensifs varie de 34 à 74,2 %, et l’incidence du SR chez les patients neurocritiques varie de 17,1 à 50,1 %. L’ASPEN a suggéré de prêter attention à la prévention du SR chez les patients souffrant de malnutrition sévère. Les études antérieures se concentrent principalement sur le dépistage des populations à haut risque pour le SR, l’exploration des facteurs de risque du SR et le développement de modèles de prédiction du risque de SR.
Analyse des Données et Résultats
Les données ont été analysées à l’aide du logiciel SPSS Statistics version 22.0. Les variables continues normalement distribuées ont été représentées par la moyenne ± l’écart type (SD), tandis que les résultats pour les variables continues non normalement distribuées ont été présentés sous forme de médiane [intervalle interquartile (IQR)]. Les variables catégorielles sont représentées par des comptes et des pourcentages. Les caractéristiques démographiques de base, le type de maladie, les comorbidités, l’évaluation de base et les indicateurs biochimiques ont été comparés entre les groupes de bon et de mauvais pronostic ; les indicateurs pronostiques ont été comparés entre les groupes SR et NSR en utilisant les tests de Mann-Whitney U pour les variables continues et le test du Chi-carré pour les variables catégorielles.
Discussion et Implications Cliniques
Les résultats de cette étude montrent que les scores mRS sont significativement plus élevés dans le groupe SR que dans le groupe NSR, c’est-à-dire que l’incidence d’un mauvais pronostic est plus élevée dans le groupe SR. L’hypophosphatémie est la principale caractéristique du SR, et une hypophosphatémie sévère est considérée comme un signe distinctif de l’apparition du SR et augmente le taux de mortalité des patients. Cela est cohérent avec les résultats de cette étude, qui ont montré une augmentation significative des nouvelles LHA, LRA, VM et du taux de mortalité dans les 28 jours chez les patients atteints de SR.
Limites de l’Étude
Cette étude présente certaines limites. Premièrement, la nature rétrospective limite le niveau de preuve. S’appuyer sur des dossiers médicaux existants introduit des risques de biais d’information (par exemple, données incomplètes) et de biais de sélection. Deuxièmement, cette étude est de conception monocentrique et la méthode d’échantillonnage de commodité a été adoptée pour sélectionner l’échantillon, ce qui peut être limité par l’homogénéité d’une seule région et population, entraînant des limitations dans la représentativité de l’échantillon.
Conclusion
Le SR est un facteur de risque pour le pronostic à court terme chez les patients victimes d’un AVC sévère, ce qui peut augmenter l’incidence d’un mauvais pronostic clinique. Le SR basé sur la valeur la plus basse de phosphore sanguin a une certaine valeur prédictive pour le pronostic à court terme des patients. Par conséquent, affiner la classification de la gravité du SR en fonction de sa capacité à prédire le pronostic clinique des patients victimes d’un AVC sévère est important pour le choix de l’apport nutritionnel précoce chez les patients.
🔗 **Fuente:** https://www.frontiersin.org/journals/nutrition/articles/10.3389/fnut.2026.1682717/full